26/12/2005

Pourquoi je ne suis pas pédo-baptiste

Devant l’interrogation certains qui ne semblaient pas avoir compris ma position, je crois qu’il est nécessaire que je précise ma position à propos du baptême. L’E.P.U.B. a adopté dès sa fondation une position pluraliste, qui a permis à certains pasteurs venant d’autres horizons, de s’intégrer en son sein sans trop de difficultés et sans aucun renoncement à des convictions profondes. Ce qui est mon cas. Nul n’ignore que je suis issu des milieux adventistes, où dès le départ cette Eglise a opté pour la position baptiste ; c’est-à-dire : baptême des croyants par immersion.

Le présent article n’a pas pour but de lancer ou de relancer une polémique ; mais simplement d’éclairer ceux qui n’auraient pas compris la situation dans laquelle nous nous trouvons chaque fois qu’un baptême d’enfant est demandé.

Depuis que je suis au service de l’E.P.U.B. ; j’ai toujours suivi scrupuleusement la discipline qui prévoit que le pasteur qui pour motif de conviction personnelle ne peut assurer l’administration du baptême à un enfant, de veiller à guider les parents pour qu’ils soient en contact avec un ministre qui acceptera de le faire.

Ce préambule étant terminé, j’en viens au vif du sujet.

Pour moi en me référant aux Ecritures, le baptême est avant tout l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu (I Pierre 1 : 21). Et même si la foi est vécue collectivement en Eglise, elle est avant tout un engagement individuel concrétisé symboliquement par le baptême.

Le baptême, sous sa forme primitive, reprend en quelque sorte en partie le rituel juif de purification, auquel entre Jean Baptiste et Jésus, le sens variera sensiblement. Pour Jean le Baptême était un signe de repentance… Pour Jésus il y aura un plus : l’eau et l’Esprit. Autrement dit : le baptême sera le signe extérieur d’une transformation intérieure, produite non par l’homme mais par l’Esprit de Dieu dans l’intimité de notre être.

L’Evangile selon Marc insiste sur le fait que celui qui croira sera baptisé et sera sauvé…Celui qui ne croira pas sera condamné. Donc le baptême est donc d’après ce texte sensé précéder la foi. Un bébé ne peut ni s’engager, ni avoir la foi.

La liturgie dit que les parents s’engagent pour l’enfant. Je n’aime pas beaucoup que l’on prenne des décisions pour moi.

La forme du baptême pose aussi un problème… Dès le XVIème siècle, le problème s’est posé pour certains qui désiraient un retour radical à ce que disait la Bible.

La Bible a plusieurs reprises parle du baptême comme d’un ensevelissement et d’une résurrection avec Christ. Comme disait le pasteur qui m’a baptisé :  « Peut-on enterrer un mort avec une poignée de terre en disant qu’il est enterré ? » Je pense qu’avec l’aspersion, on perd une partie de la symbolique. Les Eglises orientales, qui baptisent les bébés, les baptisent par immersion.

D’ailleurs le mot baptême en lui-même vient d’un verbe qui signifie : plonger, immerger.

Je voudrais faire une dernière remarque concernant le baptême des enfants. Le baptême des enfants n’a pas du tout la même signification dans les Eglises de la Réforme que dans l’Eglise Catholique Romaine. Dans l’Eglise Catholique, on devient enfant de Dieu par le baptême. Dans les Eglises issues de la Réforme le baptême de l’enfant est un signe de ce que le nouveau-né compte aux yeux de la communauté et désire le voir un jour participé à la vie de Jésus-Christ. Un théologien contemporain a défini le baptême d’enfant comme le signe de l’impatience de Dieu de voir cet enfant devenir un jour le sien. Je salue la beauté de la formule…même si je n’y adhère pas.

Quand quelqu’un me demande ce que je fais d’un enfant, j’accepte de le présenter à Dieu lors du culte ; même si certains raillent en disant là qu’il y a un « baptême » sec. Mais cette pratique de « présentation » était connue dès l’Ancien Testament, puisque Jésus lui-même fut présenté au Temple, en tant qu’enfant et baptisé comme « croyant ».

En conclusion, il n’y a pas chez moi le refus d’accomplir un acte ecclésiastique, mais de me conformer non à une tradition, mais à ce que je crois être, en mon âme et conscience un retour à l’obéissance aux Ecritures et en même temps je concilie cette conviction du respect de la liberté de l’individu.

Comme le disait Paul aux Philippiens… »Au point où nous sommes parvenus, marchons d’un même pas (3 :16)



17:24 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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