27/12/2005

Les chats de Tunis

S’il est bien une chose qui m’a profondément marqué lors de mes deux voyages à Tunis, c’est le nombre impressionnant de chats qu’on y rencontre. Je ne dirai pas comme on disait il y a trente ans des rats à Genève : un rat par habitant. Je ne dirai pas qu’à Tunis il y a un chat par habitant. Mais j’aime déambuler dans les rues en contemplant la gent féline qui semble toujours tellement à l’aise face aux humains. C’est vrai que ces bêtes intelligentes se concentrent particulièrement près des marchands de victuailles. On comprend leur intérêt.  Les marchands de poissons et de viandes sont les principaux intéressants. Mais ce qui m’a davantage intrigué, c’est de voir la diversité de ces chats, pas si errants que cela. Les uns ressemblent à s’y méprendre à ces chats que nous rencontrons dans toutes les maisons d’Europe, ceux que nous appelons familièrement les chats de gouttières et cela va de nos petits tigrés jusqu’aux jolis chats roux qui semblent avoir tellement de personnalité. Mais ceux qui ont particulièrement attiré mon attention de bipède à la recherche de toutes les curiosités de la vie tunisienne, ce sont certainement ces chats qui me semblaient sortis tout droit de l’Egypte ancienne et qui ressemblent tellement à ce chat qui a dû servir de modèle pour confectionner l’idole de la déesse Bastet. Décidément, passer de l’Egypte ancienne et la Tunisie moderne, il n’y a vraiment qu’un chat pour faire cela. Ces chats si mystérieux, que tout représentant de cette race me faisait encore peur il n’y a pas plus de dix ans. Peur ? me direz-vous. Et oui, peur… une peur que m’avait transmise ma mère qui se mettait à hurler lorsqu’elle voyait un de ces félins (pourtant pas bien méchant) s’approcher d’elle. Sans pouvoir expliquer pourquoi, moi aussi, j’avais peur. Peur de ces griffes si promptes à sortir de leurs pattes de velours et à venir se planter dans la peau de l’humain sans défense. J’ai perdu ma peur mais j’ai gardé une certaine fascination que je ne peux comprendre non plus. Chat mystère du passé, chat mystère du présent… et j’interroge et je m’interroge et je les interroge, suivant en cela le conseil judicieux que nous trouvons dans un des plus vieux livre de la Bible, le livre de Job où il nous est dit : « Interroge les bêtes, elles t’instruiront… » Et ces chats de Tunis me répondent à leur manière.


21:04 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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