29/12/2005

Louis Segond, traducteur de la Bible

Jacques-Jean-Louis Segond, est né le 3 octobre 1810 à Plainpalais ; alors commune suburbaine de Genève, et il est décédé dans cette même cité le 18 juin 1885. D’origine fort modeste, son père, de nationalité française et de confession catholique romaine, avait servi dans l’armée napoléonienne et tenait une échoppe de cordonnier à la rue de la Croix-d’or, tandis que sa mère était une Genevoise protestante. Leurs deux fils ont été baptisés dans l’Eglise réformée.

Après ses études secondaires achevées en 1826, Louis Segond entre à l’Académie de Genève, où il se passionne pour les sciences naturelles et la médecine. Mais le vif souvenir de son instruction religieuse le fait bifurquer en théologie en 1830. Au cours de ses études, il remporte un concours organisé par la Compagnie des pasteurs sur le thème du dogme de l’immortalité de l’âme chez les Hébreux. « Mais, pour cela, écrira-t-il dans un discours d’adieux à ses paroissiens le 5 juin 1864, il m’avait fallu lire l’Ancien Testament tout entier ; et, pour plus de sécurité dans mes investigations, j’avais cru devoir remonter au texte original hébreu, à propos duquel je sentis combien ma science était encore chancelante. J’en eus honte ; et, à dater de cette époque, les langues orientales, l’exégèse, l’archéologie et la critique sacrée, entrèrent irrévocablement pour une large part de mes travaux. »

En 1834, il prend le grade de bachelier en théologie à Strasbourg avec une thèse sur Ruth et se voit consacré au ministère à Genève. Il obtient en 1835 sa licence en théologie, toujours à Strasbourg, avec une thèse en français sur l’Ecclésiaste et une en latin sur la notion du Sheol. L’année suivante déjà, il accède au grade de docteur en théologie avec une recherche intitulée De la nature de l’inspiration chez les auteurs et dans les écrits du Nouveau Testament, dont la conclusion est révélatrice de sa théologie : « L’inspiration est une influence surnaturelle de Dieu sur ses envoyés destinés à enseigner la Révélation, influence qui, en laissant dans la plupart des cas leurs facultés libres, leur communiquait à divers degrés une forme supérieure, un accroissement de lumière et de pouvoir miraculeux, en sorte que, sans posséder une toute-science absolue, ni être à l’abri de quelques erreurs ou faiblesses, ils étaient rendus capables d’annoncer dans leur pureté la doctrine et la morale évangéliques et de les transmettre fidèlement à la postérité. »

Segond défend donc un supranaturalisme modéré, néanmoins plus proche de l’orthodoxie évangélique que du libéralisme positiviste de l’époque. Cela ne l’empêche nullement d’être, de 1835 à 1838, l’un des collaborateurs du Protestantisme de Genève (mais oui !) et de traduire en français les Monologues

De Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher en 1837. Durant sa période Strasbourgeoise, Segond a séjourné une année et demie à Bonn auprès de l’arabisant Georg Friedrich Freytag et une année à Eisenach.

De retour à Genève en 1836, il fonde une société d’exégèse du Nouveau Testament qui subsistera jusqu’en 1841. Entre 1838 et 1840, il prépare des cours libres sur l’histoire de la langue hébraïque (1838) et sur l’interprétation de la Genèse (1839-1840). En 1839, désirant une paroisse, il acquiert la bourgeoisie genevoise et, au cinquième tour de scrutin, il est élu à Chêne-Bougeries dans la banlieue genevoise, paroisse de David Munier venait de démissionner pour un poste de professeur d’hébreu à la faculté de théologie de Genève…

Durant ses vingt-quatre ans de ministère à Chêne, Segond entretien sa passion pour l’étude de l’hébreu et de l’Ancien Testament, publiant notamment en 1841 son Traité élémentaire des accents hébreux, envisagés comme signes de ponctuation (réédité en 1874), en  1856 sa Géographie de la Terre sainte (rééditée en 1886) et sa Cherstomatie biblique en 1864 qui se veut explicitement un échantillon d’une traduction complète de la Bible.

Devant le quasi rejet par le public de la Bible de Genève parue en 1805 et les échecs successifs des commissions de révision, la Compagnie des pasteurs avait acquis la conviction vers 1860 qu’il fallait donner à l’Eglise une nouvelle traduction de l’Ancien Testament qui soit une œuvre individuelle plutôt que collective. En juin 1864, Segond démissionne de sa paroisse, vient habiter Genève et le 1er juillet 1864, la vénérable Compagnie le charge de donner à l’Eglise, dans un délai de six ans et demi, une nouvelle traduction de l’Ancien Testament…

Louis Segond, travailleur acharné, précis et presque aussi ponctuel que Philéas Fogg, remet le 6 janvier 1871 sa version achevée qui sera imprimée en 1873  avec le millésime 1874 sous le titre Ancien Testament, traduction nouvelle d’après le texte hébreu.

Œuvre individuelle, cette traduction l’a été au-delà de toute attente. D’anciens collègues ont rapporté de Segond qu’ « il ne traçait jamais une phrase sans en avoir consciencieusement pesé tous les mots, mais ce qu’il avait une fois écrit était écrit pour toujours, et aucune force humaine n’aurait pu l’en faire revenir. » La commission chargée de superviser son travail l’a d’ailleurs découvert à ses dépens. Mais  c’est là aussi que réside son succès. Cette traduction est le chef-d’œuvre d’un des meilleurs hébraïsants protestants de l’époque contemporaine, dont le sens très remarquable de la langue française impressionne aujourd’hui encore.

Le 20 décembre 1872, notre traducteur est nommé professeur d’hébreu et d’exégèse de l’Ancien Testament à l’Académie de Genève, succédant encore une fois à David Munier. Fort de son premier succès, Segond entreprend alors, sur la base de l’édition critique de Konstantin Tischendorf, la traduction du Nouveau Testament qui paraît en 1880. Traduction moins « nouvelle » que celle de l’Ancien Testament à en croire la brouille qu’il aura avec son collègue bibliste Hugues Oltramare, qui, sous les auspices également de la Compagnie des pasteurs, avait produit aussi entre 1866 et 1871, un Nouveau Testament en français. Après sa traduction de la Bible, Louis Segond n’a pour ainsi dire plus rien publié, soucieux qu’il était d’échapper à tout étiquetage théologique qui aurait pu porter ombrage à son œuvre.

 

D’après Frédéric Amsler

Dans Le Protestant du 9 novembre 2002


15:02 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Segond Ravi d'avoir lu une telle biographie de Monsieur Segond. Courage pour votre blog. Mettre régulièrement des pensées comme vous faites est magnifique et vous amène de la lecture. Je n'ai pas de blog mais connaissez- vous tourdebabel et aussi 01-aimable ? Ces blogs peuvent vous intéresser. Que Dieu vous bénisse.

Écrit par : Jean-Marc-parpaillot ! | 30/12/2005

Béni soit clui qui vient au nom du Seigneur Bonjour,

Un événement mondial a eu lieu et cela est caché depuis 8 ans !


La Bible a toujours annoncé qu'un dernier prophète se lèverait aux temps de la fin.


( Ezechiel 33.33 Quand ces choses arriveront, -et voici, elles arrivent! -ils sauront qu'il y avait un prophète au milieu d'eux.)

Esaïe 63/9 : Et constamment il les a soutenus et portés, aux anciens jours.

63/10 : Mais ils ont été rebelles, ils ont attristé son esprit saint Et il est devenu leur ennemi, il a combattu contre eux.

Ce prophète nous a remis son livre et peut-être ne le savez-vous pas.

Voici les liens pour lire son œuvre

Monique Marie



Le livre du dernier prophète tant attendu

http://www.lelivredevie.com


Prophéties déjà réalisées et vérifiées

http://pagesperso-orange.fr/metaphysique/decouvertes.html


Le Fils de l'homme est conforme aux prédictions Bibliques

http://pagesperso-orange.fr/metaphysique/index.html

Écrit par : monique marie | 09/02/2009

LE CRI DE MINUIT à RETENTI j'ai lu la biographie de Louis Second et j'ai été vraiment fasciné par son niveau t'intelligence.Mais j'aimerais vous ouvrir les yeux sur quelque chose de très important.

Tout D'abord, pour ce qui concerne la traduction de la Bible, je crois que Dieu n'a pas besoin de 50 personnes pour traduire sa parole. Dieu à t-il besoin de 54 savants pour traduire sa parole? Dieu traite-t-il avec les savants?

Pour tous ceux qui savent ce que c'est que la théologie, je pense qu'il n'accepteront pas d'attraper une telle version de bilbe. quand à la première page on voit '' Louis Second, docteur en Théologie'', c'est comme si on nous demandait d'accepter une version traduite par un voyant ou un féticheur.
je signal qu'il y a une grande erreur commise par Louis segond lors de la traduction. cette erreur concerne les versés. Or nous savons que Dieu ne se trompe pas et qu'il n'y aucune confusion en lui.Donc si Louis Second se trompe dans la traduction, il entraine tout le monde entier dans une erreur totale. prenons quelques exemples de versés.

1) Dans juges 17.v 1à5, il s'agit de ''dieux''(idoles) et non Dieu. lisez jusqu'à Juges 18:23à24 où Louis Second réconnait qu'il s'agit de ''dieux'' et non Dieu.
2) dans Exode 34.v4, Louis Second réconnait qu'un veau d'or est un dieu et dans 1Rois 12.v28, il érit '' Dieu'' pour des veaux d'or.
3) Dans Ezzechiel 3v12 et aussi 14, comme dans Apocalypse 14v13, il s'agit de l'Esprit de Dieu, donc ''E'' majuscule comme dans Ezéchiel 8v3.Aussi dans Genèse 1v2, 1 Samuel 16v4, Esaïe 61v1,... le ''E'' doit être une majuscule quand il s'agit de Dieu. or, la véritable raison pour laquelle Louis Second écrit l'(e)sprit de ''Dieu'' avec ''e'' est que. pour lui, il y a un bon esprit et un mauvais esprit de Dieu. Je ne crois pas en cette doctrine.Et cela est révélé dans 1Samuel18v10. louis Second écrit''...le mauvais esprit de Dieu saisit Saül..'' alors que darby écrit'' ...un mauvais esprit venant de Dieu saisit Saül..''.
4) dans Matthieu24v24, ''C'' de faux christs doit être en minuscule parce qu'il ne s'agit pas du SAIT Esprit Véritable mais des esprits de divinations qui allaient agir en tant que saint-esprit.Donc, ''de faux christs'' et non '' de faux Christs''.
5) dans Apocalypse1v4, il s'agit de '' l'Esprits'' car c'est le Saint-Esprits en sept dispensations.
6) Retrait de ''fils premier-né'' dans Matthieu1v25 pour dire que Marie n'a pas eut d'autres enfants après Jésus.
C'est expressément qu'ils ont fait toutes ces choses pour des raisons doctrinales.
7) Dans Daniel9v25à27, Louis Second ne mentionne pas l'écriture qui a été tracée sur ma muraille:'' Mené,Mené,Thekel, Urphasin!.'' Retenez là que Urphasin est le pluriel de Pérès.
8) Dans Apocalypse1v10, il s'agit de ''journée'' et non de ''jour'' qui peut se rapporter au jour prophétique qui est mille ans.Or, le millenium seul fait mille ans.
9) Dans Hébreu13v17, Louis Second dit'' obéïssez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent SUR vos âmes...'' Mais la Bible dit que la seul personne qui veille sur nos âme c'est Dieu.

je crois que à travers tout ce que je viens de vous démontrer vous cherchez à connaitre la vrai version de la Bible qui est Darby.
aller sur le site: www.matth25v6.org
merci et bonne soirée.

Écrit par : Stéphane | 22/02/2010

il a fait un travail exceptionnel

Écrit par : eddy pierre | 09/02/2011

Merci aux auteurs de cette brillante biographie et des élogieux commentaires qui l'accompagnent. De "La Sainte Bible Segond", je dispose des versions 1898, 1910, 1979 et NEG, cette dernière, éditée par La Maison de la Bible à Romanel-sur-Lausanne (Suisse). Dans les travaux de traduction que j'exécute à plus de 80 ans, aux références citées j'ajouterais volontiers que la version de J.N. Darby rend d'appréciables services.
P.E.Z. au Québec (Canada), février 2013 (Adar 9 5773).

Écrit par : Pierre-Engelbert ZAHNO | 20/02/2013

Je vous complimente pour votre éditorial. c'est un vrai œuvre d'écriture. Développez .

Écrit par : boitakados | 01/08/2014

Je vous applaudis pour votre recherche. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez


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Écrit par : serrurier paris 12 | 06/08/2014

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