31/12/2005

pensée du jour

Maître Eckhart, philosophe, théologien mystique du 13ème siècle, ayant vécu en Rhénanie, nous fait une description assez étonnante de l'abandon à Dieu :
 
Celui qui a en vue ce qu'il aura en échange n'a pas tout laissé. D'ailleurs il ne le sait pas encore : "Ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté du coeur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment"(I corinthiens 2 : 9)
Quant à moi, je loue le détachement plus que tout amour. Pour cette raison : ce que l'amour a de meilleur, c'est qu'il me force à aimer Dieu, alors que le détachement force Dieu à m'aimer. Or, il est bien plus noble de forcer Dieu à venir à moi que de me forcer à aller à Dieu, parce que Dieu peut plus intimement s'insérer en moi et mieux s'unir à moi que je ne puis m'unir à Dieu. Que le détachement force Dieu à venir à moi, je le prouve ainsi : toute chose aime à être dans le lieu qui lui est naturel et propre. Or, le lieu naturel et propre de Dieu est l'unité et la pureté, et c'est là ce que produit le détachement. Il faut donc nécessairement que Dieu se donne à un coeur détaché.
 
La pensée de Maître Eckhart nous montre de façon un peu paradoxale une vérité que nous trouvons dans la parabole de la brebis égarée où le berger va à la rencontre de la brebis perdue et non l'inverse

09:57 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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