31/12/2005

mes voeux aux lecteurs


11:02 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

pensée du jour

Maître Eckhart, philosophe, théologien mystique du 13ème siècle, ayant vécu en Rhénanie, nous fait une description assez étonnante de l'abandon à Dieu :
 
Celui qui a en vue ce qu'il aura en échange n'a pas tout laissé. D'ailleurs il ne le sait pas encore : "Ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté du coeur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment"(I corinthiens 2 : 9)
Quant à moi, je loue le détachement plus que tout amour. Pour cette raison : ce que l'amour a de meilleur, c'est qu'il me force à aimer Dieu, alors que le détachement force Dieu à m'aimer. Or, il est bien plus noble de forcer Dieu à venir à moi que de me forcer à aller à Dieu, parce que Dieu peut plus intimement s'insérer en moi et mieux s'unir à moi que je ne puis m'unir à Dieu. Que le détachement force Dieu à venir à moi, je le prouve ainsi : toute chose aime à être dans le lieu qui lui est naturel et propre. Or, le lieu naturel et propre de Dieu est l'unité et la pureté, et c'est là ce que produit le détachement. Il faut donc nécessairement que Dieu se donne à un coeur détaché.
 
La pensée de Maître Eckhart nous montre de façon un peu paradoxale une vérité que nous trouvons dans la parabole de la brebis égarée où le berger va à la rencontre de la brebis perdue et non l'inverse

09:57 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/12/2005

pensée du jour

C'est soeur Thérèse Bénédicte de la Croix, mieux connue sous son vrai nom : Edith Stein qui nous fournira la pensée du jour. Elle naquit dans une famille juive un jour de Yom Kippour. Elle se convertira au catholicisme, ce qui ne la mettra pas à l'abri de la fureur nazie. Elle mourra à Auschwitz en 1942. La citation nous invite à un acte de foi total, la vraie foi celle qui s'abandonne à Dieu
 
Il est naturel que devant un pas si décisif on réfléchisse encore à ce que l'on abandonne et à ce que l'on risque. Il faut qu'il en soit ainsi, on se remet entre les mains de Dieu, sans aucune assurance humaine ; la paix en Dieu est d'autant plus profonde et plus belle (Edith Stein)

08:56 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/12/2005

Louis Segond, traducteur de la Bible

Jacques-Jean-Louis Segond, est né le 3 octobre 1810 à Plainpalais ; alors commune suburbaine de Genève, et il est décédé dans cette même cité le 18 juin 1885. D’origine fort modeste, son père, de nationalité française et de confession catholique romaine, avait servi dans l’armée napoléonienne et tenait une échoppe de cordonnier à la rue de la Croix-d’or, tandis que sa mère était une Genevoise protestante. Leurs deux fils ont été baptisés dans l’Eglise réformée.

Après ses études secondaires achevées en 1826, Louis Segond entre à l’Académie de Genève, où il se passionne pour les sciences naturelles et la médecine. Mais le vif souvenir de son instruction religieuse le fait bifurquer en théologie en 1830. Au cours de ses études, il remporte un concours organisé par la Compagnie des pasteurs sur le thème du dogme de l’immortalité de l’âme chez les Hébreux. « Mais, pour cela, écrira-t-il dans un discours d’adieux à ses paroissiens le 5 juin 1864, il m’avait fallu lire l’Ancien Testament tout entier ; et, pour plus de sécurité dans mes investigations, j’avais cru devoir remonter au texte original hébreu, à propos duquel je sentis combien ma science était encore chancelante. J’en eus honte ; et, à dater de cette époque, les langues orientales, l’exégèse, l’archéologie et la critique sacrée, entrèrent irrévocablement pour une large part de mes travaux. »

En 1834, il prend le grade de bachelier en théologie à Strasbourg avec une thèse sur Ruth et se voit consacré au ministère à Genève. Il obtient en 1835 sa licence en théologie, toujours à Strasbourg, avec une thèse en français sur l’Ecclésiaste et une en latin sur la notion du Sheol. L’année suivante déjà, il accède au grade de docteur en théologie avec une recherche intitulée De la nature de l’inspiration chez les auteurs et dans les écrits du Nouveau Testament, dont la conclusion est révélatrice de sa théologie : « L’inspiration est une influence surnaturelle de Dieu sur ses envoyés destinés à enseigner la Révélation, influence qui, en laissant dans la plupart des cas leurs facultés libres, leur communiquait à divers degrés une forme supérieure, un accroissement de lumière et de pouvoir miraculeux, en sorte que, sans posséder une toute-science absolue, ni être à l’abri de quelques erreurs ou faiblesses, ils étaient rendus capables d’annoncer dans leur pureté la doctrine et la morale évangéliques et de les transmettre fidèlement à la postérité. »

Segond défend donc un supranaturalisme modéré, néanmoins plus proche de l’orthodoxie évangélique que du libéralisme positiviste de l’époque. Cela ne l’empêche nullement d’être, de 1835 à 1838, l’un des collaborateurs du Protestantisme de Genève (mais oui !) et de traduire en français les Monologues

De Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher en 1837. Durant sa période Strasbourgeoise, Segond a séjourné une année et demie à Bonn auprès de l’arabisant Georg Friedrich Freytag et une année à Eisenach.

De retour à Genève en 1836, il fonde une société d’exégèse du Nouveau Testament qui subsistera jusqu’en 1841. Entre 1838 et 1840, il prépare des cours libres sur l’histoire de la langue hébraïque (1838) et sur l’interprétation de la Genèse (1839-1840). En 1839, désirant une paroisse, il acquiert la bourgeoisie genevoise et, au cinquième tour de scrutin, il est élu à Chêne-Bougeries dans la banlieue genevoise, paroisse de David Munier venait de démissionner pour un poste de professeur d’hébreu à la faculté de théologie de Genève…

Durant ses vingt-quatre ans de ministère à Chêne, Segond entretien sa passion pour l’étude de l’hébreu et de l’Ancien Testament, publiant notamment en 1841 son Traité élémentaire des accents hébreux, envisagés comme signes de ponctuation (réédité en 1874), en  1856 sa Géographie de la Terre sainte (rééditée en 1886) et sa Cherstomatie biblique en 1864 qui se veut explicitement un échantillon d’une traduction complète de la Bible.

Devant le quasi rejet par le public de la Bible de Genève parue en 1805 et les échecs successifs des commissions de révision, la Compagnie des pasteurs avait acquis la conviction vers 1860 qu’il fallait donner à l’Eglise une nouvelle traduction de l’Ancien Testament qui soit une œuvre individuelle plutôt que collective. En juin 1864, Segond démissionne de sa paroisse, vient habiter Genève et le 1er juillet 1864, la vénérable Compagnie le charge de donner à l’Eglise, dans un délai de six ans et demi, une nouvelle traduction de l’Ancien Testament…

Louis Segond, travailleur acharné, précis et presque aussi ponctuel que Philéas Fogg, remet le 6 janvier 1871 sa version achevée qui sera imprimée en 1873  avec le millésime 1874 sous le titre Ancien Testament, traduction nouvelle d’après le texte hébreu.

Œuvre individuelle, cette traduction l’a été au-delà de toute attente. D’anciens collègues ont rapporté de Segond qu’ « il ne traçait jamais une phrase sans en avoir consciencieusement pesé tous les mots, mais ce qu’il avait une fois écrit était écrit pour toujours, et aucune force humaine n’aurait pu l’en faire revenir. » La commission chargée de superviser son travail l’a d’ailleurs découvert à ses dépens. Mais  c’est là aussi que réside son succès. Cette traduction est le chef-d’œuvre d’un des meilleurs hébraïsants protestants de l’époque contemporaine, dont le sens très remarquable de la langue française impressionne aujourd’hui encore.

Le 20 décembre 1872, notre traducteur est nommé professeur d’hébreu et d’exégèse de l’Ancien Testament à l’Académie de Genève, succédant encore une fois à David Munier. Fort de son premier succès, Segond entreprend alors, sur la base de l’édition critique de Konstantin Tischendorf, la traduction du Nouveau Testament qui paraît en 1880. Traduction moins « nouvelle » que celle de l’Ancien Testament à en croire la brouille qu’il aura avec son collègue bibliste Hugues Oltramare, qui, sous les auspices également de la Compagnie des pasteurs, avait produit aussi entre 1866 et 1871, un Nouveau Testament en français. Après sa traduction de la Bible, Louis Segond n’a pour ainsi dire plus rien publié, soucieux qu’il était d’échapper à tout étiquetage théologique qui aurait pu porter ombrage à son œuvre.

 

D’après Frédéric Amsler

Dans Le Protestant du 9 novembre 2002


15:02 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

pensée du jour

C'est à Watchman Nee, que j'emprunte la citation du jour. Watchman Nee était un chrétien chinois qui a écrit pas mal de livres d'édification et de méditation chrétiennes. Il fut mis en prison par les chinois, en raison de sa foi de 1952 jusqu'à sa mort en 1972
 
Si nous ne voulons pas le faire entièrement, ne nous donnons pas à Dieu. Car Dieu nous prendra au sérieux, alors même que nous ne l'aurions pas fait sérieusement (W.Nee)


08:24 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/12/2005

pensée du jour

A partir de ce jour, je vais tenter de mettre quelques citations qui pourront servir de pensée du jour. Je voudrais cependant faire remarquer que ces citations seront diverses et qu'elles pourront venir de différents auteurs dont je ne partage pas toujours toutes les idées. Ces citations pourront nous servir de réflexion. Le lecteur de ce blog pourrait être évidemment d'un avis contraire ou même interpréter cette pensée différemment de moi. C'est le principe même du libre examen dans le sens premier du terme. Je commencerai d'ailleurs la série en vous livrant une pensée d'un père jésuite du XVIIIème siècle, le père la Caussade :
 
L'art de l'abandon n'est que l'art d'aimer

21:10 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/12/2005

Les chats de Tunis

S’il est bien une chose qui m’a profondément marqué lors de mes deux voyages à Tunis, c’est le nombre impressionnant de chats qu’on y rencontre. Je ne dirai pas comme on disait il y a trente ans des rats à Genève : un rat par habitant. Je ne dirai pas qu’à Tunis il y a un chat par habitant. Mais j’aime déambuler dans les rues en contemplant la gent féline qui semble toujours tellement à l’aise face aux humains. C’est vrai que ces bêtes intelligentes se concentrent particulièrement près des marchands de victuailles. On comprend leur intérêt.  Les marchands de poissons et de viandes sont les principaux intéressants. Mais ce qui m’a davantage intrigué, c’est de voir la diversité de ces chats, pas si errants que cela. Les uns ressemblent à s’y méprendre à ces chats que nous rencontrons dans toutes les maisons d’Europe, ceux que nous appelons familièrement les chats de gouttières et cela va de nos petits tigrés jusqu’aux jolis chats roux qui semblent avoir tellement de personnalité. Mais ceux qui ont particulièrement attiré mon attention de bipède à la recherche de toutes les curiosités de la vie tunisienne, ce sont certainement ces chats qui me semblaient sortis tout droit de l’Egypte ancienne et qui ressemblent tellement à ce chat qui a dû servir de modèle pour confectionner l’idole de la déesse Bastet. Décidément, passer de l’Egypte ancienne et la Tunisie moderne, il n’y a vraiment qu’un chat pour faire cela. Ces chats si mystérieux, que tout représentant de cette race me faisait encore peur il n’y a pas plus de dix ans. Peur ? me direz-vous. Et oui, peur… une peur que m’avait transmise ma mère qui se mettait à hurler lorsqu’elle voyait un de ces félins (pourtant pas bien méchant) s’approcher d’elle. Sans pouvoir expliquer pourquoi, moi aussi, j’avais peur. Peur de ces griffes si promptes à sortir de leurs pattes de velours et à venir se planter dans la peau de l’humain sans défense. J’ai perdu ma peur mais j’ai gardé une certaine fascination que je ne peux comprendre non plus. Chat mystère du passé, chat mystère du présent… et j’interroge et je m’interroge et je les interroge, suivant en cela le conseil judicieux que nous trouvons dans un des plus vieux livre de la Bible, le livre de Job où il nous est dit : « Interroge les bêtes, elles t’instruiront… » Et ces chats de Tunis me répondent à leur manière.


21:04 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |