04/03/2006

Charité et équité

"The business of Heaven". Daily Readings from C.S.Lewis edited by Walter Hooper

Lorsqu'il est question de pardonner à d'autres, c'est partiellement la même chose et partiellement différent de ce qui est dit hier.

C'est pareil, parce que pardonner, ce n'est pas la même chose qu'excuser.

Pourtant, des gens pensent cela.

Ils pensent que si vous leur demandez de pardonner une tromperie ou une brutalité, vous essayez de croire qu'il n'y eut ni tromperie ni brutalité.

S'il en était ainsi, il n'y aurait rien à pardonner.

Quand vous suggérez de pardonner, les victimes insistent :

Mais cette personne a rompu une promesse solennelle !

Justement, c'est cela qui doit être pardonné !

(Ce qui ne veut pas dire que vous serez obligé de croire la prochaine promesse !)

(Cela veut dire que vous devez vraiment vous efforcer d'éradiquer toute trace de ressentiment dans votre propre cœur – ainsi que tout désir d'humilier, de blesser ou de vous venger)

La différence d'avec la situation où vous demandez à Dieu de vous pardonner, c'est que, pour nous, nous nous trouvons facilement des excuses mais avons peine à en admettre pour les autres.

Quand il s'agit de mon propre péché, un pari pas trop risqué (bien que pas une certitude) prétendra que mes excuses ne sont pas aussi bonnes que je le pense.

Quand il s'agit des fautes des autres contre moi, c'est un pari pas trop risqué (bien que pas une certitude) dira leurs excuses valent mieux que je le pense.

Il faut donc rechercher soigneusement tout indice qui pourrait indiquer que l'autre n'était pas si blâmable que je le pensais.

Mais évidemment, si c'est vraiment totalement blâmable,

il reste nécessaire de pardonner.

Et si 99% de la faute apparente est valablement excusable, le problème du pardon subsiste pour le un %.  Excuser ce qui est excusable, ce n'est pas de la charité chrétienne, c'est de l'équité. 

Etre chrétien, c'est pardonner l'inexcusable, parce que Dieu a pardonné ce qui est inexcusable en nous.

C'est dur. 

Il n'est peut-être pas trop dur de pardonner une unique et grave offense.

Mais pardonner les incessantes provocations de la vie quotidienne – continuer de pardonner à la belle-mère autoritaire, au mari brutal, à la veuve geignarde, à la fille égoïste,  au fils décevant, qui en est capable ?

On ne le peut qu'en se souvenant où nous en sommes, en pensant ce que nous disons quand nous prions : Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.  

Il n'y a pas d'autre condition au pardon qui nous est offert.

Refuser, c'est refuser le pardon de Dieu pour ce qui nous concerne.

Il n'y a pas même un soupçon d'exception, et Dieu pense ce qu'Il dit.


22:31 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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