21/06/2006

réflexion

Pinacothèque

 

Lorsqu’on parcourt le Prado, à Madrid, ou le Louvre, à Paris, on peut se rendre compte de la diversité de l’inspiration chez les peintres, au cours des siècles. Mes préférences, toutes catégories, vont à Breughel l’Ancien, pour sa truculence, son humour, sa gaieté même dans les sujets tragiques. Sa peinture me donne envie d’entrer dans ses tableaux et me mêler aux foules si colorées et si vivantes.

J’ai ensuite une immense admiration pour les Van Eyck et autres primitifs flamands, pour la richesse et la chaleur des coloris, l’admirable technique des plissés des lourds brocards et velours, l’éclat des pierres précieuses. A couper le souffle.

Ainsi, de salle en salle, on peut vibrer à la vue de tels chefs-d’œuvre. On peut aimer l’imprévisible Salvador Dali ou Van Gogh, le rejeté de son temps. On peut même ne supporter que l’art abstrait qui joue avec les volumes, les couleurs et…votre imaginaire.

La peinture est le reflet d’une époque, d’une mode, d’un courant, d’une idéologie parfois. Les artistes novateurs, critiques, en avance sur leur temps, en dehors des clichés normatifs et des sentiers battus, ont souvent souffert du rejet, du mépris et de l’incompréhension de leurs contemporains.

Allons maintenant nous promener dans la galerie des caractères. Là aussi la variété se constate : du bon vivant, mordant à pleines dents dans la vie, dégustant chaque minute que Dieu lui donne, au compassé qui traverse sa vie, chaussé de « mocassins » trop étroits et douloureux…

Faisons un détour par la salle des donneurs de leçons : ils ne pardonnent rien à personne, exigent la perfection des autres, sans toujours apprécier l’effet pervers de leurs remarques peu amènes qui aigrissent sûrement la relation et améliorent rarement l’incriminé.

Jetons un coup d’œil rapide à ceux qui vont révolutionner le monde, se prennent pour des messies venus non pour accomplir, mais pour abolir et prouver leurs éventuelles capacités en diminuant celles des autres.

Un regard encore plus bref aux orgueilleux, aux généreux ostentatoires qui s’affichent à coups de gros chèques et de communiqués de presse lors de catastrophes épouvantables. Rappelons-nous la pauvre veuve qui donne de son nécessaire et que Jésus nous montre en exemple.

Les méchants, les calomniateurs, les violents, ne méritent sûrement pas notre attention, occupés qu’ils sont à mijoter dans leur pot de vinaigre…Et pourtant, n’est-ce pas pour ceux-là surtout que Jésus est venu ?

Par contre, que nous avons envie de traîner du côté des débonnaires, des patients, des cœurs pleins d’amour qui vous prennent en affection, vous dorlotent, vous accueillent à bras ouverts, vous écoutent, vous consolent !

Que nous aimons nous réchauffer au soleil de leur tendresse et de leur compréhension !

Quelques pas plus loin, nous seront désarçonnés par les originaux, ceux qui sortent du lot, qui agissent et pensent totalement différemment de nous. Les intemporels, les précurseurs, les créatifs nous perturbent, suscitent nos questions si pas notre réprobation.

Mais quel est ce tableau absolument bizarre, dans ce coin perdu de couloir ? Une sorte de mosaïque assez surprenante, composée de colères et de patience, d’égoïsme et de bonté, de paresse et de créativité, de courage et de peurs, d’emballements et de démissions, de rires et de tristesses, de doutes et de foi, de réussites et d’échecs… Un mélange d’éléments déconcertants, à certains moments, symphoniques, à d’autres, cacophoniques. Une sorte de distorsion des formes et des couleurs, puis, subitement, si on se place à un autre angle de vue, une œuvre assez valable, quoique inachevée, imparfaite…

Pas drôle…c’était un miroir

Yvette Vanescote

22:01 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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