21/09/2006

A méditer

L'Etranger

 

Ni l’étranger qui est dans tes portes… (Exode 20 : 10)

 

Soyez curieux, allez lire le texte du chapitre 20 de l’Exode (le deuxième livre de la Bible) dans son entièreté. Cela ne vous prendra que quelques minutes.

Il est inclus dans le programme social des dix paroles (que nous avons l’habitude d’appeler les 10 commandements). Il est sur pied d’égalité avec l’habitant du pays ; car c’est dans le contexte du Sabbat, signe de la libération du pays d’Egypte, et libération de l’esclavage de la société actuelle. L’Etranger n’est pas considéré dans l’Ecriture comme celui qui est destiné à être la main d’œuvre de remplacement quand l’habitant du pays est en vacances ou quand le travail ne lui convient pas. On le refile à l’étranger. C’est ce que l’histoire récente nous apprend. Or, toute l’Ecriture nous apprend le respect de l’étranger. Le mot étranger, vient de la même racine que le mot étrange. Car, celui qui diffère de nous par la langue, les coutumes, voire la religion : nous le trouvons étrange et il est pour nous un étranger. Nous nous réfugions parfois derrière l’excuse qu’il est étrange, qu’il est un étranger parce qu’il ne s’intègre pas. Mais combien de fois n’ai-je pas vu des gens, venus d’un autre pays pour des raisons diverses : qu’elles soient économiques, politiques ou autres. Faire tout ce qui était en leur pouvoir pour s’intégrer : en apprenant la langue, en se familiarisant avec nos habitudes et qui après bien des années, sont encore considérés comme des étrangers. On connaît même certains villages, où il suffit de ne pas être né dans ce village pour être considéré toute sa vie comme un étranger. Il y a un peu plus de quarante ans, dans un petit village belge : un jeune instituteur est arrivé dans un village pour prendre son poste. Très rapidement, on s’aperçut que l’ »étranger » n’était pas à la messe du dimanche, où on s’attendait, comme c’était la coutume, pour surveiller les enfants du catéchisme, qui avaient à l’époque l’obligation d’être présent chaque dimanche. Quelques dimanches s’écoulèrent sans que l’on vît le dit instituteur. Lorsqu’on qu’on questionna celui-ci, il fit savoir qu’il était protestant. Ce fut un véritable coup de tonnerre qui s’abattit sur l’endroit en apprenant cette nouvelle. C’était vraiment un « étranger ». Le fait divers pris de telles proportions et les brimades contre l’instituteur furent telles, que notre petite minorité protestante s’émut. Des rassemblements protestants furent organisés pour montrer que l’instituteur en question n’était ni une bête curieuse, ni une exception à la règle, ni un phénomène de foire.

Ces temps sont révolus me direz-vous (heureusement !). Mais un étranger, cela existe toujours. De semblables phénomènes de rejets se sont multipliés à l’égard des étrangers ; lorsque j’étais enfant, les émigrés d’origine italienne faisait les frais de la méfiance populaire et étaient accueillis comme des chiens dans un jeu de quilles.

Aujourd’hui, les étrangers ont changé de nom. Mais les mêmes préjugés circulent. Les histoires que j’entendais dans mon enfance contre les italiens, les siciliens, nous les retrouvons dans la bouche des gens contre les africains, les maghrébins, les turcs et que sais-je encore. Il suffit que l’un d’eux commette une mauvaise action pour que leur communauté toute entière soit pointée du doigt. Certains partis politiques (des deux côtés de la frontière linguistique) soufflent sur le feu de la méfiance et de la haine. Et ils distillent le venin de la méfiance, du racisme et de la xénophobie par leurs écrits (tolérés au nom de la démocratie !!!!). Le plus grave c’est que nous retrouvons ces raisonnement parfois jusqu’au sein de nos églises. Il serait temps que nous replongions dans nos Bibles pour y redécouvrir tout ce que la Bible enseigne à propos de l’étranger, des égards que nous leur devons parce qu’ils sont des hommes et que nous nous prétendons enfants de Dieu. Ils le sont au même titre que nous.

Au peuple d’Israël, à plusieurs reprises, Dieu enseigne d’avoir égard à l’étranger, en se souvenant qu’ils ont eux aussi été étrangers en terre d’Egypte.

Je pense que parfois, les descendants d’émigrés devraient en faire autant, en se souvenant, qu’ils ont eux aussi été étrangers sur cette terre (d’accueil !!!!) Je pense qu’il y a des gens qui ont des trous de mémoire ; le seul exemple concret que j’apporterais sans citer le nom, se passe dans un pays voisin du nôtre, qui prétend toujours vouloir donner des leçons de droits de l’homme au reste du monde et dont un ministre fils d’émigrés, s’est rendu célèbre il y a peu par sa hargne contre les « sans-papiers ».

Pouvons-nous sans rougir devant la foi des nos ancêtres en la foi qui durent parfois devenir des émigrés à cause de cette foi nous désintéresser du problème ?

Je ne dois pas m’intéresser à l’étranger à condition que… il accepte ma foi, mes coutumes, ma langue. Si je ne suis pas descendant d’émigré, je dois m’intéresser à l’étranger, parce que je ne connais pas l’avenir et que je pourrais être moi-même un émigré, ou l’un de mes enfants.

Si le quatrième commandement, celui qui a trait au jour du repos béni par Dieu, mentionne expressément l’étranger. Puisque je crois que les dix commandements sont irrévocables parce qu’inscrits sur des tables de pierre (symbolisant leur indestructibilité), je n’ai pas le droit de me désintéresser de ceux qui ont par avec moi à ce repos, par un décret divin.

 

Jean-Marie Geron

 

 

 

 

 

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