24/10/2006

Nos amis les animaux

as-1930
 
Albert Schweitzer et Théodore Monod :
la compassion chrétienne vis-à-vis des animaux
 

 

Théodore Monod a quitté cette vie le 22 novembre 2000. […] Cet académicien et naturaliste était et reste célèbre pour ses travaux scientifiques, ses 70 ans de voyages d'exploration au Sahara à dos de chameau ou à pied et pour ses livres. Tout comme Albert Schweitzer, il était fils , petit fils et arrière petit fils de pasteurs illustres. Cet ami et disciple d'Albert Schweitzer était un peu moins connu pour son pacifisme militant et ses actions contre l'arme nucléaire. Mais combien sont-ils ceux qui savent qu'il était, en même temps, l'un de plus actifs défenseurs chrétiens des animaux? Par l'action ou par l'écrit, Théodore Monod était présent chaque fois que la cause des animaux le demandait. Président du Rassemblement des opposants à la chasse (ROC) et membre du comité d'honneur de la Ligue française des droits de l'animal, il ne manquait pas de s'élever contre la corrida. En 1999, à l'âge de 97 ans (ce végétarien a vécu 98 ans) et malgré sa quasi cécité, il n'a pas hésité à aller à Nîmes pour se joindre à la manifestation contre la tauromachie. Théodore Monod a lutté avec acharnement pour que les Eglises comprennent enfin et s'ouvrent à la compassion universelle qui inclut aussi les animaux. Tous les jours à midi, Théodore Monod récitait les Béatitudes.

Le 16 octobre 1986, la Ligue française des droits de l'animal avait organisé à l'Institut de France un colloque de haut niveau sur les droits de l'animal et la pensée chrétienne (conférenciers: Eric Baratay, Jean Bastaire, Père Jean-Dominique Bourinet, Olivier Clément, Père Paul-Henri Coutagne, Jean Gaillard, Charles L'Eplattenier, Théodore Monod, allocution de Jean Guitton). L'exposé de Théodore Monod s'intitulait "L'Animal face à la pensée et la morale chrétiennes". Il commença en posant les questions suivantes :

" Comment le christianisme officiel, institutionnel, celui des conciles, des confessions de foi ou de dogmes, celui de la théologie aura-t-il pu ignorer deux mille ans durant le dramatique et pathétique problème de la condition animale sans songer à prendre résolument parti contre les bourreaux, sans faire sa place dans son enseignement, dans ses traités, ses manuels et ses catéchismes à la souffrance des bêtes, éternelles victimes de la cruauté des hommes ? Pourquoi un silence à la fois si pesant et si durable qu'on pourrait se demander si la question ne se trouvait pas en fait résolue, et par le refus d'un débat en réalité sans objet ? Comment une religion de l'amour, de la miséricorde, plaçant au centre même de la foi le Sermon sur la montagne, avec les Béatitudes et l'hymne à la charité de 1 Corinthiens 13 pouvait-elle paraître accepter de ne se soucier que d'une seule des créatures, à l'exclusion de toutes les autres ? Pourquoi les Eglises - et la mienne comme toutes les autres bien entendu - n'enseignent-elles pas encore la pitié pour toutes les créatures et n'intercèdent-elles pas - ou si peu et si rarement - pour les innombrables et quotidiennes victimes de la stupidité et de la cruauté des hommes ?" (actes du colloque ci-dessus cité).

Oserions-nous répondre aux questions de Théodore Monod par la citation suivante d'Albert Schweitzer ? " Ce qui, depuis dix-neuf siècles, se présente en ce monde comme le christianisme, n'est qu'une ébauche pleine de faiblesses et d'erreurs, non le christianisme total jailli de l'esprit de Jésus. " (Albert Schweitzer, Ma vie et ma pensée, éd. Albin Michel, Paris 1960, p.171).

article mis en ligne sur le site "Les chrétiens et les

animaux" par Jean Nakos

 

01

 

20:27 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.