10/12/2006

A méditer

 

Luc 2 : 8-20

 

Cette épisode de l’Evangile selon Luc a quelque chose de réconfortant. Si la venue de Jésus avait été annoncée en priorité aux nantis, aux dirigeants de l’époque, qu’ils soient juifs ou romains, on aurait pu dire que Jésus venant sur cette terre dans de telles conditions entrait dans la cour des grands et venait consolider le système en place. Si la venue du Christ avait été communiquée aux docteurs de la Loi juive, on aurait pu dire que la bonne nouvelle était réservée aux érudits, voire aux érudits ayant une forme quelconque de piété. Si cette venue avait été annoncée aux membres du clergé, on aurait pu dire que Jésus était venu uniquement pour les grenouilles de bénitier. Mais au lieu de cela, la bonne nouvelle est annoncée aux étrangers (les mages) et aux humbles (les bergers).

Car qu’est-ce qu’un berger aux yeux des contemporains du Christ, sinon quelqu’un de peu d’importance, voire un paria. Un berger, ce n’est pas un religieux s’occupant en premier lieu des choses de la religion. Un berger, ce n’est pas un homme de poids au niveau politique. Il accomplit un travail dur qui le lie souvent plus à ses animaux qu’à ses concitoyens. Il vit à l’écart une bonne partie de l’année ; parce qu’il doit conduire ses troupeaux dans de bons pâturages. C’est un métier à risque parce qu’il doit protéger les troupeaux contre les attaques des bêtes sauvages. Je dirais que c’est un travail de surveillance 24 heures sur 24. Il ne reste pas beaucoup de place pour ses propres loisirs quand il fait vraiment bien son métier.

Mais il est étonnant que, déjà dans l’Ancien Testament, ce métier a une telle importance. N’est-ce pas quelque temps ce que fera Jacob, puis après lui Moïse, puis le roi David avant d’être roi. Ce n’est pas étonnant, connaissant les devoirs et toutes les implications de ce métier qu’il comparera Dieu a un berger, à son berger dans le psaume 23 que beaucoup connaissent par cœur.

Jésus lui-même se donnera comme titre le bon berger, réhabilitant par là-même cette profession si décriée.

Mais revenons aux bergers de notre histoire… Eux si habitués à leur travail, connaissant les variations des saisons, les bruits de la nature, ils sont effrayés de ce qu’ils voient et entendent et il faudra toute la persuasion du messager céleste pour les rassurer.

Ce n’est pas un cataclysme, ce n’est pas une catastrophe… c’est une bonne nouvelle : un sauveur est né.

Mais malgré leur simplicité, ce ne sont pas des simplets, ils partiront pour aller constater ce qui leur a été annoncé. Ils trouveront et verront cet enfant…puis s’en retourneront en glorifiant Dieu.

La bonne nouvelle est annoncée à tous les cœurs sincères, à ceux qui par leur simplicité sont prêts à la recevoir.

L’Ecriture nous apprend que Dieu ne fait acception de personne… Et la naissance de Jésus est annoncée à tous ; mais elle ne sera vraiment une bonne nouvelle que pour ceux qui comme les bergers sauront l’accepter comme une bonne nouvelle qui réjouira leur cœur quand ils l’auront vraiment acceptée. Ils furent  invités, ils répondirent à l’appel…

Nous sommes nous aussi, chers auditeurs invités à nous réjouir de cette bonne nouvelle de la venue de cet enfant, né il y a plus de deux mille ans, répondrons-nous à l’appel de Dieu qui nous invite à nous réjouir, parce que par cet enfant, le salut de Dieu est entré dans le monde

 

                                                                     Jean-Marie Geron

 

Texte de l’émission de la Voix Protestante du 16 décembre 2006

 

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