31/01/2007

A méditer

gilbert cesbron

 

La Liberté...

La liberté tout court est, plus ou moins visiblement, plus ou moins
volontairement, opprimée dans bien des pays. Qu’il s’agisse de l’égalité des
droits, de l’esclavage, de la prostitution, de la tyrannie policière, la
lutte continue et prendra-t-elle jamais fin ?
Mais, je le répète, une certaine liberté se trouve constamment en péril là
ou l’autre est à peu près assurée. Cette liberté-là, aucun régime ne peut
l’instaurer ni la garantir, mais seul, un combat intérieur, individuel,
permanent. L’autre liberté est, le plus souvent, permission ; celle-là, le
plus souvent, refus. La liberté, comme le courage, est un escalier qu’il
faut gravir marche à marche – impossible d’enjamber ! La première, la plus
basse, se nomme Révolte ; beaucoup de gens violents y campent en permanence
: ce ne sont que les gardes du corps de la vraie liberté, dont ils ne
connaissent même pas le visage. La vraie liberté se réveille au fond de nous
lorsque nous sommes gavés de toutes les autres. Son cri n’est pas : J’ai
faim, je veux du travail, je veux voter ! – mais : J’existe… Ecrite en
chacun de nous, hommes de tous les pays et de tous les temps, c’est elle.
Bafouée, travestie, bâillonnée, ensevelie, ressuscitant toujours, c’est
elle.


Gilbert Cesbron
Ce que je crois (Livre de Poche)


09:42 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |