21/03/2007

Pour préparer Pâques

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Comme le temps passe ; je me retourne, et il me semble que la fête de Noël, c’était hier.

L’année liturgique nous conduit à Pâques où nous sommes sensés célébrer la résurrection du Christ.

Dans une société comme la nôtre, parler de résurrection semble anachronique aux yeux de bien des gens. Et pourtant tout le christianisme repose sur cela. Il n’y a pas de foi chrétienne sans qu’il y ait affirmation de la résurrection du Christ. Nier la résurrection, se serait admettre que le christianisme n’est rien d’autre qu’une bonne morale, qu’une religion parmi tant d’autres. Les autres religions monothéistes affirment que les hommes ressusciteront. Mais c’est là un simple ( !) acte de foi. Le Christ est ressuscité affirment toutes les composantes du christianisme faisant ainsi chorus avec l’apôtre Paul qui dans sa première épître aux Corinthiens faisait de la résurrection du Christ la charnière même de toute la foi. Après avoir parlé des différents témoins de la résurrection, il fait un raisonnement qui conduit à faire admettre à ses lecteurs qu’elle est capitale. Et il utilise l’expression « Si le Christ n’est pas ressuscité… »

-         votre croyance est vaine

-         vous êtes encore dans vos péchés

-         nous sommes des menteurs

-         il n’y a point de résurrection

Les arguments sont forts, voire brutaux, il n’y a pas de demi-mesure. Si le Christ n’est pas ressuscité, il n’y a plus de christianisme authentique, la fête de pâques (chrétienne) n’a plus de sens et il ne nous reste plus qu’à aller manger une quantité d’œufs en chocolat pour noyer notre désespoir en soignant une bonne crise de foi à moins que ce ne soit une crise de foie.

Les arguments de Paul devraient nous secouer pour que nous retrouvions la foi à la résurrection du Christ, comme la fondement même de notre propre résurrection et de la foi construite non sur notre désir – aussi sincère soit-il – d’une survie éventuelle ; mais d’une certitude de foi en Celui qui a osé dire : « Je suis la résurrection et la vie »

 

 

17:32 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/03/2007

A méditer

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Quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple (Luc 14:27)

On pourrait chipoter en disant qu'il s'agit non pas de porter la croix du Christ mais sa propre croix, mais la question n'est pas là. Elle est de savoir ce que signifie cette parole difficile.

Le sens qu'on lui donne en général est de dire que chacun doit être prêt à faire des sacrifices personnels pour suivre Jésus, jusque peut être donner sa vie comme lui l'a fait sur la croix. Sur cette idée, je pense que tous sont d'accord.

Mais les protestants ne croient, en général, pas que le sacrifice aient une valeur en soi. Le but n'est pas de se rendre malheureux, de se priver ou de souffrir, mais de faire ce que l'on a à faire pour le Christ et d'assumer le fait que cela puisse nous amener à certaines difficultés ou à des sacrifices. On ne peut pas à la fois privilégier son propre confort ou son propre intérêt matériel et l'amour ou le service du prochain.

C'est en fonction de cela que les protestants n'aiment en général pas trop l'idée de carême. Se priver pour se priver ne semble pas avoir beaucoup de sens. Ce qui a de la valeur, ce n'est pas le fait de se priver ou de souffrir, mais le bien que l'on fait peut être à ce prix. Si l'on se prive, c'est pour donner.

Et si c'est pour donner alors il n'y a pas dans l'année une période pour donner et une pour garder pour soi. C'est toute l'année qu'il faut servir le Christ et être prêt à se sacrifier un peu pour les autres et pour le service de l'Evangile.

Jésus ne dit pas "portez votre croix du 10 février au 27 mars", mais plutôt "soyez prêts à porter votre croix s'il le faut"... Et donc si le carême c'est de servir Dieu et son prochain, alors faisons le toute l'année.

Ext. Evangile et Liberté

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17/03/2007

Jean Calvin

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Jean Calvin, l’homme que Dieu a dompté ?

(résumé de la conférence donnée il y a quelques mois au temple de Jolimont)

 

Le titre de la conférence est le titre d’un livre paru il y a plus de 40 ans dû à la plume du professeur Jean Cadier et auquel je me suis permis d’ajouter une point d’interrogation.

 

 

Il naît à Noyon  10 juillet 1509

-         fils de Gérard Cauvin, homme d’affaire du clergé de Noyon.

(Calvin est dû à la latinisation du nom puis retraduit en français)

  Lorsque le père meurt, il est sous censure ecclésiastique et c’est avec peine que le fils aîné Charles pourra le faire enterrer en terre sainte.

 

              Dans une lettre datée du 1er octobre 1560 à Henri Bullinger :

                      « Moi aussi je suis Belge »

 

G. Cauvin va faire pouvoir ses fils de bénéfices c-à-d titre ecclésiastique qui permettra à ceux-ci de faire des études

 

La peste règnant à Noyon, il est envoyé à Paris où il aura parmi ses professeurs Mathurin Cordier, qui sera plus tard appelé à Genève par Calvin en 1536

 

Le père de Calvin destinait celui-ci d’abord à la prêtrise et l’avait destiné à la théologie, puis ensuite changeant d’avis, il l’orienta vers le droit et pour ce l’envoya à Orléans

Il subit l’influence du luthérien Melchior Wolmar qui avait un pensionnaire noble de 9 ans du nom de Théodore de Bèze

Il fut licencié en 1532, puis obtint son doctorat en droit en 1933

 

Calvin protestant ? A quelle date ?

Le « protestantisme » de l’époque n’est pas encore structuré. Les églises n’ont pas encore été « dressées »

On pouvait adhérer dans son fort intérieur à la Réforme souhaitée par Luther…aujourd’hui, il est toujours possible de passer à la Réforme de manière visible

Calvin est d’abord humaniste

 

Première publication de Calvin  d’un commentaire du « de clementia de Sénèque »

On pourrait dire qu’il est comme Erasme

On peut dire que Calvin est favorable à la Réforme

Le 1er 1533 le recteur de l’Université, Nicolas Cop va prononcer un discours dans l’église des Mathurins à Paris qui sera une démonstration des idées évangéliques dans une chaire catholique… Bien des années plus tard, on retrouvera ce texte avec l’écriture de Jean Calvin

 

Cop a dû s’enfuir à Bâle

 

Quelques uns furent arrêtés et ne durent leur salut qu’à l’intervention de Marguerite d’Angoulème

 

En 1534 Calvin se rend à Noyon pour y faire l’abandon de ses bénéfices ecclésiastiques

 

Cette même année il est à nouveau à Paris où il donne rendez-vous à un jeune médecin qui vient de publier un livre « Sur les erreurs de la Trinité » Servet accepte le rendez-vous mais ne vient pas

 

 Premier écrit religieux de Calvin

 

La Psychopannychie (la vigilance des âmes)  dans lequel il s’élève contre la doctrine pourtant très biblique du sommeil des morts.

 

Il s’installe à Bâle où il commence une première mouture de l’Institution chrétienne

 

Premier séjour de Calvin à Genève… Il ne pensait que passer dans cette ville mais suite à une exhortation vigoureuse de Farel, dont il devient dans un premier temps un conseiller théologique

Il quittera Genève suite à une brouille de plusieurs pasteurs avec le Conseil de la Ville. Il part d’abord à Bâle, où il pense préparer une révision de son « Institution » ; mais est appelé à Strasbourg où il devient le prédicateur des réfugiés de France et prêche pour la première fois le 8 septembre 1538 en l’église Saint-Nicolas-aux-Ondes

 

18 octobre 1539 il publie à Str. Son premier commentaire de l’épître aux Romains

 

Rappelé à Genève, il y rentrera le 13 septembre 1541 et le dimanche suivant il reprendra tout simplement l’explication de l’Ecriture à l’endroit où il l’avait arrêtée au moment où il avait été chassé

 

Affaire Bolsec  Jérôme Bolsec opposé à la doctrine de la prédestination réintégrera le giron de l’Eglise romaine

 

Affaire Sébastien Castellion cf ma conférence de l’an dernier

-         Calvin refuse sa consécration pastorale pour deux motifs : 1) Castellion met en doute l’inspiration du Cantique des Cantiques et conteste l’interprétation que Calvin fait de « la descente aux enfers »

Affaire Michel Servet

 

Jean Cadier intitule ce chapitre : Le Drame Servet

 

Jean Cadier semble minimiser en comparant les

-         Plus de 600 envoyés au bûcher en France en quatre ans

-         L’inquisition qui fait rage aux Pays-Bas

-         Les anabaptistes et les anti-trinitaires envoyés au bûcher à Zurich, à Constance, à Berne et parle de l’unique bûcher de Genève… ce qui est faut ; ce qui est faut car c’est sous le « règne » de Calvin que Genève semble atteindre une son maximum pour des raisons souvent aussi révoltantes que l’affaire Servet

 

Fondation de l’Académie en 1559

Il faisait ainsi le centre intellectuel de la Réforme de langue française

Dans une lettre à l’étranger, il écrira : « Envoyez-nous du bois, nous vous renverrons des flèches »

 

Mort de Calvin

 

-         en février 1564, il donne ses derniers cours

-         le 28 avril il fait ses adieux aux pasteurs

-         il rendit son dernier soupir le 27 mai 1564 au coucher du soleil

 

 

                                                                Jean-Marie Geron

 

 

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