19/09/2007

Le repos

                                         Le repos

 

« Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est le sabbat (le repos) de l’Eternel ton Dieu.

Tu ne feras aucun ouvrage en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes.

Car l’Eternel en six jours a fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qui s’y trouve, et il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. »

 

Souvent les deux mots « repos » et « sabbat » sont associés pour former l’expression « Repos de sabbat », expression parfois, du reste, inversée, pour donner : « sabbat de repos » : « On travaillera six jours, mais septième jour est le sabbat de repos ». Ailleurs : « Pendant six années tu ensemenceras ton champ, et pendant six années tu tailleras ta vigne et tu en recueilleras le fruit. Mais la septième année sera un sabbat de repos pour la terre, un sabbat pour l’Eternel : tu n’ensemenceras pas ton champ, tu ne tailleras pas ta vigne, tu ne vendangeras pas et tu ne récolteras pas le grain. – Ce sera un repos  pour la terre. »

Sur ces commandements de Dieu, on avait échafaudé un ensemble d’ordonnances légales, qui existaient encore du temps du Christ, et qui sont encore valables pour les juifs pieux d’aujourd’hui. En emprisonnant le sabbat dans un cadre rigide et minutieux, en le ramenant à des « pratiques » religieuses, les dirigeants juifs en avaient obscurci le sens et détruit la portée spirituelle. Ce n’était plus en effet qu’un rite tyrannique, au lieu d’être un moyen de révélation de la notion divine de « repos » dans la vie mystique. Jésus-Christ s’est heurté à ses exigences, non qu’il refusât de s’y plier, mais il le fit à sa manière, avec une liberté révolutionnaire, pour que l’esprit en soit respecté. Du même coup il en bouleversa au contraire tout ce que la lettre en avait fait. Le but visé par l’institution du « repos de sabbat » était de rappeler à l’homme que tout lui vient de Dieu. C’est comme si on lui disait : « - Ecoute !... tu as six jours pour toi, pour tes affaires, pour tout ce qui te concerne, ton argent et tes biens, ta famille et tes amis, ta moisson, tes vendanges, tes domestiques, ton bétail et ton tracteur…mais n’oublie pas l’Eternel ! Alors, le septième jour, laisse toutes tes affaires de côté, n’y touche pas, n’y pense pas, et honore l’Eternel à qui tu dois tout ce que tu as. Car les sept jours c’est Dieu qui les a fait tous les sept ! et les sept sont à lui. Ainsi, en t’arrêtant de travailler à ton profit le septième jour, et en te rendant disponible pour penser à Dieu, tu l’honoreras comme celui de qui tout procède. Ce n’est pas un cadeau que tu lui feras ! Simplement, cette mise à part d’un jour qui lui soit entièrement consacré rappellera que tu es la créature et que c’est lui le Créateur… »

Jésus, alors, guérit librement les malades le jour du sabbat, malgré les protestations des chefs religieux qui poussaient les hauts cris. Ils lui disaient avec colère : - « Halte !... C’est un travail !... Donc c’est défendu !... Tu prétends être le Fils de Dieu et tu violes la Loi de Dieu !... »

A quoi les guérisons parlant d’elles-mêmes, répondent en proclamant à la face du monde : - Le jour mis à part, le « repos de sabbat », c’est le jour de Dieu ! C’est le jour de la grâce !... Donc c’est le jour où les malades sont guéris (c’est le jour ou jamais !...) car c’est le jour où éclate l’amour de Dieu !...

Le « repos » de Dieu peut donc se définir comme la grâce même, comme l’union parfaite avec Dieu.

L’obstacle à la grâce, l’obstacle à l’union parfaite avec Dieu, c’est la revendication de l’être humain exigeant quelque chose pour lui. La nature humaine est entrée si profondément dans le péché qu’elle a fini par inverser les rôles : le « Moi » est au centre, et ce qu’il consent à Dieu devient une espèce de charité. Le monde renversé ! La croix de Jésus-Christ affirme que rien n’appartient à la nature humaine. Jésus-Christ crucifié est l’Homme qui renonce à toute revendication. Il n’a même plus les six jours que lui laissaient la Loi, mais c’est 100 pour 100 de sa vie, de son temps, de son œuvre, qu’il cloue au bois. Pourquoi ?... Parce que, dit-il, cette nature veut toujours retenir et garder quelque chose pour elle. Il faut donc que ce sens de la propriété, ce « Moi » insatiable, finisse par mourir. Cette humanité que vous, les hommes de la terre, vous m’avez prêtée, je m’en suis revêtu, mais ce n’est pas pour la glorifier : c’est au contraire pour la conduire à la croix parce que c’est tout ce qu’on peut en faire.

Identifié à la nature humaine, Jésus-Christ opère, par la croix, un renoncement qui sert de signe au renoncement absolu à soi-même.

Jésus meurt sans laisser d’église, sans avoir eu de foyer, on lui prend sa jeunesse et sa force, on lui prend son honneur, on lui prend sa vie. Et quand il ne lui reste plus qu’un tout petit peu de souffle de rien du tout, qui va encore s’échapper de ses poumons, il s’en sert pour dire à Dieu : - « Père ! ». Plaçant ainsi d’une manière totale et absolue, sa confiance en Dieu, au sein même de la contradiction et de la mort, il entre dans le « repos » de l’Eternel son Dieu.

 

                                                         Emile Dallière

                                          Ext. Cette Faucille d’or…

                                                    p. 127-129

 

 

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10/09/2007

Une nouvelle année dans l'église

La rentrée scolaire était l’événement majeur de ces derniers jours. Et qui dit « rentrée scolaire », pense immédiatement à toute l’angoisse que cela peut-être pour les petits qui rentrent pour la première fois à la « grande école ». Angoisse très souvent provoquée par celle des parents. D’autres rentrent à l’école avec cette soif d’apprendre, de découvrir quelque chose de nouveau… En un mot, ils désirent s’instruire.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’est la vie chrétienne : une école d’apprentissage continuel. Sous la direction d’un enseignement et pédagogue parfait. Mais comme le jeune écolier qui se pose la question de savoir à quoi lui servira toute cette connaissance ; le chrétien à l’école du Christ est souvent comparable. On trouve toutes sortes de chrétiens comme on trouve toutes sortes d’écolier.

Il y a parmi les élèves, certains, qui lorsque le maître d’école dit quelque chose, disent toujours : »Oui, Monsieur, je sais… j’ai déjà vu, j’ai déjà entendu (de plus en plus rarement, j’ai déjà lu). Mais, lorsque l’instituteur poursuit son explication, ils se rendent compte qu’ils ne savent rien ou bien de « l’à-peu-près ».

Parmi les chrétiens, il y en a qui pensent qu’ils savent tout et que le Christ n’a plus rien à leur apprendre. Un peu comme cette petite fille cévenole qui disait à un vieux pasteur : « Monsieur le pasteur, j’ai terminé mon instruction religieuse » Et à qui le pasteur (un peu ironique) répondait : « tu en as bien de la chance ».

Rentrée scolaire. Nouveau départ pour certaines activités d’église. Que ce soit le culte ou l’étude biblique. Le Christ nous y invite, il veut nous apprendre quelque chose. Mais à la différence de l’école cela n’a jamais rien d’ »obligatoire ». C’est une invitation qui nous est faite. Le début d’une année scolaire, c’est souvent l’occasion de prendre de bonnes résolutions. Ce qui est vrai pour les élèves l’est aussi pour les chrétiens ; nous pourrions aussi prendre de bonnes résolutions pour faire de cette année, une année où nous serions plus à l’écoute du Maître. Il n’y aura pas de prise de présence, comme à l’école, mais une invitation de Celui qui a tant aimé le monde nous suffira.

 

                                                                            Jean-Marie Geron

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